Plongée et mal de mer… incompatibilité garantie ?

mal de mer

Contrairement aux idées reçues, il est possible d’être un plongeur passionné tout en ayant le mal de mer. Sans aller jusqu’au live aboard, les plongées en bateau et les days trips sont tout à fait envisageables.

Le mal des transports et moi on se connaît depuis longtemps ! Mal de voiture en montagne, mal de l’air même pour des vols très courts et, enfin, mal de mer. Mais, lorsque l’on est plongeur, il faut bien reconnaître que les plongées en bateau font rêver car elles offrent des possibilités infinies : sites réputés, faune locale unique, flore abondante…tant d’exotisme à ne pas manquer. Alors, on prend son courage à deux mains et on monte sur le bateau en espérant que la mer soit calme. D’expérience, cependant, je peux affirmer que croiser les doigts ne suffit pas. Le meilleur exemple ? Une plongée à Sail Rock au départ de Koh Tao.

Sail Rock au départ de Koh Tao, Thaïlande

Au petit matin, 5h, rendez-vous au centre de plongée French Kiss Divers. Vu l’heure, personne n’est vraiment bavard, les discussions iront bon train en même temps que le soleil se lèvera. Mais, déjà un instructeur fait son petit tour pour proposer des médicaments contre le mal de mer car les conditions ne sont pas bonnes et le trajet promet d’être périlleux. Je me décompose. Je prends un médicament et hop, en route.
Il ne faut pas attendre longtemps, je me retrouve rapidement au milieu du bateau cramponnée à un mat et le cœur au bord des lèvres. Je vous passe les traditionnels « oulala tu as vraiment le teint vert/blanc/gris » et les conseils de tout un chacun « regarde droit devant toi, regarde un point fixe sur le côté, … ». Dans un moment pareil, je veux juste avoir la paix !
Après deux heures infernales, nous arrivons sur le site et, là, c’est le dilemme. Je suis à bout de force, vidée de toute énergie. Que faire ? Me mettre à l’eau ou attendre sagement sur le bateau ? En espérant que sous l’eau soit moins pire que dessus, je commence à m’équiper. Et, à mon grand soulagement, une fois à l’eau je me sens vraiment mieux. La fraicheur me revigore et, concentrée sur autre chose, je ne pense plus au mal de mer.
C’était à prévoir, la visibilité n’est pas au rendez-vous mais nous arrivons malgré tout à distinguer des bancs de barracudas, de fusillés… et validons notre brevet Deep Dive. Lors de la remontée, la houle est si importante que je sens les nausées m’envahir à nouveau au triple galop, le palier de sécurité est un enfer. A peine la tête hors de l’eau, j’enlève mon détendeur et vomis. Sans force, Greg me tracte jusqu’au bateau où je me remets doucement lors de l’intervalle de surface. Une deuxième plongée et il est l’heure de faire demi-tour pour rejoindre la terre ferme (oh miracle !).

Mes conseils contre le mal de mer

Après un certain nombre d’expériences du même type, j’ai appris quelques astuces qui peuvent aider.

Ne partez pas le ventre vide

Mangez quelque chose de sec, ni trop lourd ni trop gras.
Personnellement, j’aime manger du pain d’épices, une petite boîte de céréales (sans lait évidemment) ou d’autres biscuits secs.

Évitez les médicaments contre le mal des transports

Leurs effets secondaires sont fréquents avec, généralement, de gros coups de fatigue à la clé qui vont vous feront vous sentir mal quoi qu’il en soit. Aussi, il n’est jamais bon de prendre des médicaments avant de plonger.

Laissez les gens parler !

N’écoutez pas les conseils de tous les gens qui vous entourent. Bien intentionnés, ils vous raconteront qu’un jour ils ont vécu la même chose et qu’ils ont fait ceci ou cela…mais, soyons honnête, vous n’avez pas envie d’entendre ce genre d’anecdotes en ce moment.

Placez-vous au niveau du centre de gravité du bateau

En fonction de la région du monde où vous vous trouvez, les bateaux ont des formes différentes pour s’adapter aux fonds sous-marins locaux. Le centre de gravité n’est donc pas systématiquement à l’arrière du bateau mais, aussi, au milieu par exemple.

Essayez de ne pas appréhender

Au plus vous vous direz que ça ne va pas aller, au moins vous vous sentirez bien. Pensez à autre chose ou, au minimum, forcez-vous à être optimiste : « cette fois-ci, tout va bien se passer ! »

Si, malgré tout, les conditions sont trop mauvaises et que vous êtes au plus mal, mon dernier conseil sera le suivant : ne vous retenez pas de vomir. Lorsque l’on a la nausée, l’idée première est de se retenir, on se dit « ça va passer ». Mais, en réalité, ça ne va pas passer ! Alors, la seule chose qui peut aider c’est de ne pas se retenir. L’estomac plus léger, vous vous sentirez, sinon bien, déjà mieux.

Et pour rassurer les plus inquiets, sachez que le pied marin s’acquiert. Lors d’un voyage plongé, le corps s’habitue à être sur la mer et les effets négatifs se font de moins en moins ressentir.

Je suis donc la preuve vivante qu’il est possible d’être plongeur tout en souffrant du mal des transports. Après de telles expériences, ce qui me reste en tête n’est pas nécessairement le mal de mer mais, plutôt, toutes les choses magnifiques que j’ai eu l’occasion de découvrir lors de mes plongées. Mes souvenirs sont remplis de poissons exotiques, de couleurs fluorescentes et coraux grouillants de vie. Que de moments qui valent la peine de se donner un peu de mal…en sachant que les conditions ne sont pas toujours aussi mauvaises et que l’on finit par connaître son corps et appréhender au mieux les situations un peu plus difficiles.

 

Laura

2 Commentaires

  1. […] entre 15 et 35m de profondeur, tous accessibles en bateau. Nous avons particulièrement aimé : Sail Rock et ses bancs de barracudas, Chumphon Pinnacle et ses champs d’anémones, l’épave du HTMS […]

  2. […] bémol, accrochés à la bouée comme nous le sommes, je ne suis pas la seule à souffrir de mal de mer. Je fini même sur la plage avant les autres, les nausées sont trop […]

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :